La GameFi poursuit sa chute au cœur du Web3

L’industrie du gaming sur le Web3 (GameFi) ne se porte pas au mieux. Si de nombreux investisseurs et joueurs avaient pourtant placé leurs espoirs dans le format du gaming décentralisé il y a quelques années, la hype semble être retombée. Cette année seulement, plus de huit jeux GameFi supplémentaires sont passés à autre chose.

Game Over pour la GameFi ?

La liste des projets gaming du Web3 qui mettent la clé sous la porte ou qui se replient vers un modèle plus orienté Web3 continue de s’allonger. Hier, Pixel Heroes  et 77-Bit annonçaient la mauvaise nouvelle : Pixel Heroes Adventure a dû se défaire de l’intégralité de son équipe, tandis que 77-Bit a choisi de mettre en pause son développement.

De son côté, XOCIETY a annoncé, dans la journée, qu’ils avaient décidé de mettre un terme à leurs activités liées aux NFTs et au Web3, faute de bénéfices suffisants. L’équipe de développement, NDUS, pense d’ailleurs à la vente. Blocktopia, PixilandForgotten Runiverse, GENSO Online et KTTY World ont fait face à des situations similaires.

D’autres jeux issus directement du Web3, à l’instar de Off the GridNyan Heroes ou encore Star Atlas ont emprunté des chemins similaires. Le constat est déchirant, mais de plus en plus difficile à ignorer : le modèle Web3 n’est pas (ou plus) compatible avec le gaming, bien malgré l’arrivée des institutions sur le marché crypto.

GameFi : le modèle économique à bout de souffle et des joueurs toujours plus exigeants

Le déclin rapide de ces jeux pourtant majeurs au sein de l’écosystème met surtout en lumière des failles structurelles, notamment du côté du modèle économique. Celui-ci repose effectivement majoritairement sur l’emission constante de tokens. Le problème, c’est que quand la valeur des actifs chute, l’attractivité du jeu vidéo s’en trouve impactée. Il devient alors impossible d’ignorer l’éléphant au milieu du couloir : la majorité des joueurs sont là pour le bénéfice financier.

De leur côté, les joueurs « traditionnels », continuer d’afficher une résistance importante aux mécanismes issus de la blockchain. Bien souvent jugés intrusifs, superflues ou trop complexes, ils ne plaisent pas au joueur lambda. Les studios se retrouvent alors coincés entre les joueurs crypto-natifs et une audience plus générale.

Le clivage entre l’offre technologique et la demande a finalement réussi à créer un vide que les studios peinent à combler. L’épuisement des trésorerie, fatalement, finit par arriver. Les serveurs disparaissent petit à petit, entraînant, avec eux, une utopie du gaming pourtant caressée de très prêt par de nombreux studios et développeurs visionnaires.

Vers une consolidation du divertissement numérique

Si l’image est triste, la purge pourrait pourtant paraître nécessaire. Il s’agirait alors d’épurer le secteur, à la manière d’un tri sélectif naturel, qui pourrait permettre de ne conserver que les projets avec une réelle plus-value.

La survie de la GameFi dépendra alors de la capacité des projets à masquer la complexité de la blockchain derrière une expérience utilisateur fluide et un divertissement par design. Les échecs de cette année servent d’avertissement sévère pour les projets entrants qui auraient eu l’audace de penser, en 2026, que l’étiquette « crypto » suffirait à garantir un succès commercial.

Désormais, les termes GameFi et Web3 Gaming devront évoluer pour ne plus désigner une catégorie à part entière, mais simplement une fonctionnalité discrète au service du gameplay. Seuls les studios capables de fusionner la qualité des productions triple A avec des économies numériques équilibrées pourraient alors réussir à sortir du lot dans les années à venir.